Bien que chacune de nous étudie une sensorialité particulière (l’ouïe, la vue et l’odorat) à travers différentes disciplines des sciences humaines, nous avons souvent pu constater d’importantes similitudes dans les questionnements méthodologiques soulevés par nos pratiques de l’histoire des sens. Ce numéro d’Épistémocritique répond à la nécessité que nous avons ressentie d’approfondir nos échanges, menés notamment lors d’un atelier de la Société d’études romantiques et dix-neuvièmistes (2018), concernant les méthodes de l’histoire des sens et tout particulièrement le choix et le traitement spécifique des sources que cette approche nécessite. En effet, quelle que soit la perspective disciplinaire, la question des sources se pose de façon singulière lorsqu’il s’agit de saisir l’histoire de phénomènes aussi subtils, éphémères et individuels que les perceptions sensorielles. L’histoire des sens nécessite, en effet, de composer des méthodes pluridisciplinaires combinant différents outils d’analyse afin d’étudier dans une perspective historique les savoirs sur les sens véhiculés notamment par la presse et les textes littéraires.
À travers les romans des frères Goncourt, de Huysmans, de Zola et de Lemonnier, cet article étudie la représentation littéraire de l’odeur de sainteté au regard des discours épistémologiques principaux de la seconde moitié du XIXe siècle. Dans ce contexte intellectuel anticlérical, le mythe chrétien de l’odeur de sainteté est analysé par les médecins et les scientifiques comme un phénomène pathologique. Bien que prenant en compte les esthétiques divergentes des auteurs sélectionnés, l’étude se concentre essentiellement sur l’ambiguïté qu’entretiennent les textes entre expérience indicible de l’extase et vision symptomatique du corps, notamment à travers le regard du romancier, regard lui-même redoublé par celui du médecin.
Edited by Gwenn-Aël Lynn and Debra Riley Parr, Routledge, 2021.
Publisher’s presentation :
This book claims a political value for olfactory artworks by situating them squarely in the contemporary moment of various forms of political resistance.
Each chapter presents the current research and art practices of an international group of artists and writers from the United States, Canada, France, Germany, Switzerland, Thailand, Sweden, and the Netherlands. The book brings together new thinking on the potential for olfactory art to critique and produce modes of engagement that challenge the still-powerful hegemonic realities of the twenty-first century, particularly the dominance of vision as opposed to other sensory modalities.
Can a drop of perfume tell the story of the twentieth century? Can a smell bear the traces of history? What can we learn about the history of the twentieth century by examining the fate of perfumes?
Par leur emprise sur nos perceptions, nos affects et même notre mémoire, les odeurs font partie intégrante de notre environnement, à différentes échelles temporelles ou spatiales. Que leur diffusion soit maîtrisée ou non, elles s’inscrivent donc dans le rythme de nos milieux habités, dans l’architecture et dans le paysage. Dans les champs de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage, une conscience du sens de l’odorat émerge: une attention croissante se manifeste envers des problématiques de pollution, de confort olfactif lié à l’environnement, mais apparaît également une certaine sensibilité pour mettre en valeur une qualité, une identité olfactive. Continuer la lecture de « NOUVEAUX TERRITOIRES DE L’EXPERIENCE OLFACTIVE, dirigé par Xavier Bonnaud et Victor Fraigneau, Éditions Infolio, Mars 2021 »
Our sense of smell is a uniquely visceral—and personal—form of experience. As Hsuan L. Hsu points out, smell has long been spurned by Western aesthetics as a lesser sense for its qualities of subjectivity, volatility, and materiality. But it is these very qualities that make olfaction a vital tool for sensing and staging environmental risk and inequality. Unlike the other senses, smell extends across space and reaches into our bodies. Hsu traces how writers, artists, and activists have deployed these embodied, biochemical qualities of smell in their efforts to critique and reshape modernity’s olfactory disparities.
Cet ouvrage aborde une approche cognitive de la métaphore dans le domaine de l’olfaction. Il met ainsi en perspective la métaphore avec l’univers olfactif. La perception mineure de l’odeur en Occident, tant historique que cognitive, se reflète dans un discours olfactif a minima.